Doctorat honorifique sera décerné à Howard Sapers par l’Université d’Ottawa

Doctorat honorifique sera décerné à Howard Sapers par l’Université d’Ottawa

le 15 juin 2016

Le FCO souhaite féliciter M. Howard Sapers, l’un de ses membres de longue date et membre du Conseil du FCO pour cette reconnaissance de la part de l’Université d’Ottawa.

 

Article uOttawa Gazette

Par Mike Foster

Ardent défenseur des droits des personnes incarcérées, Howard Sapers mène un combat pour responsabiliser davantage le système pénitentiaire canadien. Il est aussi l’un des neuf modèles exemplaires qui se verront décerner un doctorat honorifique de la part de l’Université d’Ottawa, lors de la collation des grades du printemps 2016.

Depuis 12 ans, Howard Sapers sonne l’alarme en produisant des rapports percutants qui font état des conditions de vie et des changements démographiques inquiétants observés dans les prisons canadiennes. Sous son mandat, le Bureau de l’enquêteur correctionnel a soulevé des questions urgentes, telles que le taux croissant d’incarcération parmi les Autochtones, la pratique abusive de l’isolement cellulaire, la surpopulation dans les prisons, l’insuffisance des services sanitaires et de santé mentale au sein de ces dernières, ainsi que le manque de programmes de réhabilitation.

C’est la première fois de sa vie que M. Sapers, ancien député à l’Assemblée législative de l’Alberta (1993-2001), recevra un doctorat honorifique.

« Cette distinction exceptionnelle me remplit de fierté et de gratitude », affirme-t-il. « Surtout venant de l’Université d’Ottawa, car c’est un établissement pour lequel j’ai le plus grand respect, notamment en ce qui concerne son département de criminologie. Cet honneur symbolise aussi pour moi le respect que suscitent à la fois mes efforts et la nature de mon travail. »

Surveillance indépendante

Diplômé en criminologie de l’Université Simon Fraser, Howard Sapers est la troisième personne à diriger le Bureau de l’enquêteur correctionnel, fondé en 1973 à la suite d’une grave émeute ayant eu lieu deux ans plus tôt dans le pénitencier de Kingston, au cours de laquelle deux prisonniers étaient morts. En effet, selon une enquête, cet incident était en grande partie le résultat de l’incapacité des Services correctionnels à répondre opportunément aux plaintes des détenus.

Selon M. Sapers, les démocraties avancées reconnaissent l’importance de se pencher de manière indépendante sur la « mauvaise administration des services publics », sans avoir à recourir aux tribunaux ou autres procédures accusatoires. « Le Bureau de l’enquêteur correctionnel est l’un des plus anciens organes de défense des droits des détenus qui existent dans le monde. Le Canada est même souvent perçu comme un modèle à suivre, et c’est quelque chose dont nous pouvons nous enorgueillir. »

Dans des rapports où il ne mâche pas ses mots, Howard Sapers fait des recommandations visant à résoudre les problèmes systémiques du régime pénitentiaire au Canada. Son dernier rapport réclame davantage d’action afin de limiter la pratique de l’isolement cellulaire, prévenir les décès en détention et répondre aux besoins particuliers des femmes incarcérées et des condamnés âgés.

M. Sapers exhorte aussi les autorités à analyser les raisons derrière le taux vertigineux de prisonniers autochtones. Bien que les Autochtones ne forment que 4 % de la population nationale, ils comprennent un bon quart de la population carcérale fédérale. Au cours de dix dernières années, alors que le nombre de détenus en général a augmenté de 10 %, celui des prisonniers autochtones a monté de 50 %.

Changements graduels

Le bureau de M. Saper enquête également sur les plaintes déposées par quelque 15 000 prisonniers fédéraux. Des milliers de cas sont ainsi résolus chaque année, en réponse à environ 20 000 appels au numéro sans frais et de centaines de lettres provenant de personnes incarcérées. Au cours de la dernière décennie, la plainte la plus fréquente pendant neuf ans concernait l’accès aux soins de santé et la qualité de ceux-ci. Mais l’année dernière, une autre a pris le dessus : les conditions de détention, notamment la double occupation des cellules, la séparation des prévenus et le système de classification de sécurité.

« Je suis très fier de l’habileté avec laquelle mon équipe parvient à résoudre les plaintes en faisant preuve de professionnalisme et de rigueur », déclare M. Sapers. « Nous commençons à éclairer les recoins les plus sombres du système. Parfois, on sent qu’on se heurte à un mur de brique lorsqu’on se voit obligé de répéter inlassablement les mêmes recommandations. Mais, petit à petit, le changement commence à s’installer et il faut demeurer optimiste à cet égard. »

À titre d’exemple, il souligne les lettres de mandat envoyées par le premier ministre Justin Trudeau aux membres de son cabinet, après les élections de l’année dernière. Entre autres choses, les lettres mentionnaient le besoin d’« une révision du système de justice pénale afin de rétablir une certaine cohérence qui s’est perdue à la suite d’une période fort agitée », précise le criminologue.

Howard Sapers compte trois décennies à son actif dans le domaine. À ses débuts, il travaillait dans des projets de maintien de l’ordre au niveau communautaire et des initiatives de prévention du crime. Plus tard, il a assumé la direction générale de la Société John Howard de l’Alberta et la vice-présidence de la Commission des libérations conditionnelles du Canada pour la région des Prairies.

C’est le 19 juin prochain que Howard Sapers se verra conférer son doctorat honorifique par l’Université d’Ottawa. Le même établissement où, le lendemain, son beau-fils, Quinn Dabros, deviendra diplômé en géologie, et où son fils, Vaughn Sapers, poursuit des études en comptabilité.

Forum of Canadian Ombudsman-FR